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Le Monde de Aan | Héraldique
 

Welland    Farenland

 

 

Avec l'invention du grand heaume, qui couvre complètement la tête du combattant, il devenait difficile de reconnaître le chevalier sur le champ de bataille. Il devînt donc de coutume de broder des motifs ou des dessins sur leur manteau et leur bannière afin de s'identifier. Tout un ensemble de rituels et de signification accompagna bientôt cette habitude, et rapidement le besoin de consigner ces symboles en archives officielles se fît sentir: l'héraldique était née.

En 1679, à la demande de l'Empereur Ambrosian IV, les lois et traditions de l'héraldique furent fixées dans le codex severinus, du nom de son rédacteur Severin d'Alberyve. Ce code de lois a traversé les siècles avec à peu près aucun changement, et est aujourd'hui utilisé dans tous les royaumes humains de façon à peu près uniforme, y compris chez certains peuples nomades où les héros représentent l'équivalent du chevalier féodal.

Chaque royaume possède son collège d'héraldique, où hérauts, archivistes et généalogistes consignent les armes des différentes familles, ordres, cités, corporations et autres groupes, veillent à ce que chaque chevalier se voit attribuer des armes uniques qu'aucun autre possède, et dressent les arbres généalogiques; leur influence et leurs responsabilités sont par conséquent considérables, alors qu'ils décrétent les droits d'héritage et de successions, et pouvant même être appelés à déterminer la légitimité d'un souverain. Tout ces collèges reconnaissent l'autorité du Grand Collège Impérial à Balhant, dont les archives contiennent toutes les généalogies connues, celles-ci remontant dans certains cas depuis l'époque de Severin. Cette allégeance n'est toutefois pas absolue, et des différences existent notamment dans la nomenclature des pièces, partitions et charges

 

Règles de l'héraldique

L'héraldique en Ardésie possède un style et des principes semblables à celui en usage en Europe; vouloir dresser un traité d'héraldique sortirait quelque peu du cadre de ce site, mais nous pouvons observer quelques particularités propres au monde ardésien.

Six couleurs sont reconnues par le codex de Severin, réparties en deux familles: les émaux, qui comprenent le vert, le rouge, le bleu et le noir, et les métaux, comprenant le jaune et le blanc, désignés respectivement ‘or’ et ‘argent’. Les émaux sont généralement désignés par des termes imagés qui peuvent varier selon les régions, par exemple ‘gueules’, ‘sanguine’, ‘feu’ pour le rouge, ‘ciel’, ‘azur’ pour le bleu, ‘feuilles’, ‘sinople’ pour le vert et ‘nuit’, ‘sable’, ‘ébène’ pour le noir. Selon la tradition, ces émaux symbolisent les quatre éléments (l'eau pour le vert, le feu pour le rouge, l'air pour le bleu et la terre pour le noir); les métaux symbolisent quant à eux Sol pour le jaune et Lune pour le blanc.

Armes de la Maison des DeGuise

Armes de la Maison des

DeGuise


Armes de l'Ordre du Temple

Armes de l'Ordre du

Temple

Des teintes comme orangé, brun, turquoise ou pourpre ne sont pas considérées: les méthodes de teintures et particulièrement les matériaux utilisés peuvent varier d'une région à l'autre, ce qui fait que le rouge par exemple pourrait être en fait carmin à un endroit et rouge d'ocre à un autre. Les exceptions et transgressions sont toutefois nombreuses: ainsi les armes des DeGuise, la famille royale du Farenland, comprend le turquoise – ou comme cette couleur est appelée dans la région, dalphiné, du nom d'un corail indigène à l'Ardésie, que l'on trouve dans les îles de Bieneur et dont en est extraite une teinture fort onéreuse, très prisée par les classes fortunées, particulièrement dans l'est de la Novarique. Officiellement, les armes sont consignées dans les archives des collèges comme étant blanc et vert, ce qui n'empêche toutefois pas les hérauts des DeGuise lors des tournois de blasonner l'écu “argent, un dauphin dalphiné qui est de DeGuise”.

Un autre cas, plus célèbre celui-là, est celui des Templiers. Leurs armes, dont les couleurs officielles sont or et azur, sont traditionnellement teintes en pourpre par l'Ordre. Cette teinture dispendieuse n'est toutefois pas à la portée de tous, et bien souvent des compromis sont nécéssaires: la couleur est diluée avec du bleu pour donner un bleu profond, ou quelquefois aucune pourpre n'est employée faute de moyens; le bleu peut être mélangé avec du rouge, mais les résultats ne sont pas toujours probants. Les chapitres moins fortunés qui ne peuvent se permettre de la pourpre en quantité suffisante se voient quelquefois affublés du terme péjoratif de ‘chapitres bleus’. Parmi ces chapitres, le plus fameux exemple est sans aucun doute celui du chapitre de Wieldê Ei, en Eldarîce; l'absence totale de pourpre dans leurs habits et bannières n'est pas le résultat d'un manque de moyens, mais bel et bien celui d'une interdiction royale. Cette contrainte leur fût imposée par Hroþigiefu Ârfæst en 2641, une initiative visant à miner le prestige de l'Ordre.

Un disque or sur un champ pourpre est l'écu original de l'Ordre, conçu selon la tradition par Eirené, premier empereur de Régaltière et fondateur de l'Église gotique; le motif est une représentation stylisée du ciel de sénélion, cette période de l'année où les deux soleils entrent en conjonction. Douze rayons concentriques furent ajoutés lors de la Réforme, symbolisant la volonté d'expansion de l'Ordre; ce nombre fût ramené à quatre quelque temps après afin de simplifier, formant l'écu actuel. Le symbole solaire du disque représente Aan, et son utilisation est la prérogative de l'Église et de ses supporteurs. La présence d'un ou plusieurs disques dans des armoiries constitue une récompense attribuée à leur possesseur par l'Ordre en reconnaissance d'une action d'éclat accomplie en faveur de l'Église. Cette distinction n'est pas héréditaire: l'écu reprends son aspect original à la mort du lauréat.